À propos de
"Ma Trame Verte Routière"

La Trame Verte Routière est une initiative majeure lancée par la Région Guadeloupe pour améliorer le cadre de vie des habitants et valoriser le patrimoine naturel de l'archipel. Le projet consiste à transformer les bords de routes en véritables corridors écologiques en y plantant des micro-forêts et des écosystèmes naturels.
Ces plantations visent à restaurer les continuités écologiques entre les zones naturelles et à faciliter les échanges entre les espèces animales et végétales, créant ainsi un environnement plus riche et durable.
"Chers Guadeloupéen.nes,
La Région Guadeloupe a créé pour VOUS le projet de Trame Verte Routière qui vise à embellir le quotidien de toutes les routes de l’Archipel.
La Guadeloupe est une réserve de Biosphère (UNESCO, 1992) et fait partie des 34 points chauds de la biodiversité mondiale avec ses 10 600 espèces natives (flore & faune confondues). C’est l’archipel le plus riche en biodiversité terrestre et marine des Petites Antilles.
Mais, 250 espèces de la flore de Guadeloupe, et plus de 70 espèces animales sont menacées de disparition.
Le réseau routier est le second vecteur de fragmentation des espaces naturels juste après les zones urbaines.
La région a souhaité reconstruire les continuités écologiques dans les zones les plus dégradées en replantant les espaces routiers qui étaient occupés auparavant par de la pelouse fauchée régulièrement et dont l’intérêt écologique était très réduit. C’est l’objet du projet intitulé « Trame Verte Routière »(TVR) que nous avons lancé en 2021 .
Ma Trame Verte Routière se structure autour de plusieurs ambitions :
- Recréer des liens entre les zones naturelles protégées
- Protéger et favoriser notre exceptionnelle biodiversité indigène, les espèces sauvages « de chez nous » (sa ki tan nou !), plus résistantes, qui s’adaptent mieux et résistent mieux aux maladies, aux sols et aux évènements climatiques ;
- Améliorer le cadre de vie des guadeloupéens en intégrant la route dans son paysage et en offrant un cadre de vie plus verdoyant, plus fleuri à la population et en luttant contre les inondations et le réchauffement climatique en plantant des arbres ;
- Améliorer l’attractivité touristique de notre archipel en faisant de la route une porte d’entrée et une vitrine sur nos paysages pour mieux accueillir les touristes qui arrivent sur notre territoire ;
- Créer des activités économiques durables et de l’emploi grâce à l’émergence d’une nouvelle filière de plantes locales : pépiniéristes, valorisation des déchets de palettes et de verre recyclé des poubelles de tri ;
- Former des personnes sans emploi, en mettant en place des marchés d’insertion.
Ce projet d’envergure d’un montant de 4M€, soutenu à 85% par les fonds européens est l’engagement de notre mandature à offrir à notre population un cadre de vie agréable, valorisé et sécurisé.
Avè zot, et pou zot !
Nou ka fléri péyi-la !"

Ary CHALUS
Président de la Région Guadeloupe
Film Trame Verte
Découvrez ce projet à travers ce film réalisé par la Région Guadeloupe.
Pourquoi ce projet est-il essentiel ?
La Guadeloupe est un trésor de biodiversité, mais cette richesse est menacée par la dégradation de l’environnement naturel, en particulier par l'urbanisation et la fragmentation des habitats naturels. En effet, l’archipel fait partie des 34 points chauds de la biodiversité mondiale et est reconnu par l’UNESCO comme une réserve de biosphère. Toutefois, plusieurs centaines d'espèces, comme des plantes endémiques et des animaux essentiels à notre écosystème (dont les abeilles), sont aujourd'hui menacées d'extinction.
Le réseau routier, en traversant les espaces naturels, contribue à cette fragmentation, rendant difficile le mouvement des animaux et la propagation des plantes. La Trame Verte Routière vise à inverser cette tendance en recréant des liens entre les zones naturelles protégées, renforçant ainsi les continuités écologiques essentielles à la préservation de la biodiversité.
Le projet "Ma Trame Verte Routière" : Comment ça fonctionne ?
La Trame Verte Routière est un projet global qui se déploie sur plusieurs tronçons soigneusement adaptés à l’environnement local pour maximiser les bénéfices écologiques et sociaux du projet.
La conception du projet
Dans sa phase initiale (TVR1), le projet s’est concentré sur l’agglomération Centre (Baie-Mahault / les Abymes), étendue au Nord de la commune de Petit-Bourg. Malgré cette répartition géographique restreinte, les secteurs opérationnels retenus ne partagent pas tous la même identité paysagère. Certes, à une échelle d’analyse régionale, ils sont tous situés dans la même aire périurbaine, mais localement on peut souligner des nuances :
- Identité périurbaine dense pour les 2 secteurs de Beausoleil - Destrellan d’une part, et la Jaille - Fond Sarail d’autre part (Baie-Mahault)
- Identité périurbaine plus lâche, ou « rurbaine », pour les 2 secteurs contigus de l’aéroport et Dothémare - Providence (les Abymes)
- Identité rurbaine à rurale entre Convenance et Versailles (Baie-Mahault - Petit-Bourg)
Ces nuances paysagères ont influencé surtout la palette végétale de projet, strictement composée d’espèces indigènes sur les secteurs plus ruraux, alors qu’une dose raisonnable d’espèces ornementales y a été intégrée sur les secteurs dont l’identité est plus clairement périurbaine. Les motifs de plantations ont varié également, mais à une échelle plus précise, celle des séquences paysagères constitutives de chaque tronçon de projet.
Focus sur les tronçons concernés
La première phase de la Trame Verte Routière s’est concentrée sur six tronçons de routes dans la région Centre de la Guadeloupe, où la dégradation des continuités écologiques est la plus marquée.

Des plantations adaptées aux spécificités du site
Le projet prend en compte la topographie, l’urbanisation environnante et les conditions agronomiques de chaque site. Des experts locaux ont aidé à déterminer les meilleures espèces à planter, en privilégiant les espèces indigènes et résistantes. L’objectif est de tendre vers une couverture de 100% d’espèces locales tout en conservant quelques plantes exogènes plus fleuries qui aident à mieux accepter les espèces indigènes dont la floraison est plus discrètes.
Des plantations linéaires sur les accotements routiers
Les accotements routiers sont plus ou moins larges, le plus souvent entre 4 et 10 m, et ponctuellement plus de 20 m, ce qui laisse plus ou moins de place pour les plantations. Cette configuration spatiale implique une organisation linéaire des plantations à réaliser sur les accotements routiers. Quand l’emprise disponible est réduite, ces plantations sont réduites à une seule rangée. On peut planter sur plusieurs lignes successives (jusqu’à 3 lignes) quand l’emprise est plus généreuse et que le relief s’y prête.
Des bosquets forestiers sur les échangeurs
Au niveau des échangeurs routiers, les délaissés sont plus amples que les accotements et la contrainte de l’emprise foncière disponible y est donc moins forte. Dans une recherche d’efficacité écologique maximale, le choix s’est porté sur des plantations en masses, en tentant de recréer des bosquets forestiers diversifiés.
Le principe est de planter un grand nombre d’espèces de gabarits différents, des arbustes aux arbres de haut jet, pour constituer un boisement pluristratifié (3 à 4 strates), composé d’espèces variées, à la manière d’un bosquet naturel. Pour éviter toute gêne vis-à-vis des circulations périphériques, les strates basses (arbustes et arbrisseaux) sont implantées en périphérie de bosquet et les plus grands arbres en cœur.
Les bosquets forestiers sont délimités par une barrière basse. L’objectif recherché n’est pas d’empêcher quelqu’un de pénétrer dans le boisement, mais d’afficher clairement la différence de traitement et de vocation entre le boisement, en partie centrale du délaissé, et les zones enherbées périphériques.
Des plantations ornementales sur les secteurs à enjeu scénographique particulier
Outre l’enjeu écologique, certains échangeurs comme ceux de Destrellan ou de La Jaille doivent aussi assumer un enjeu de scénographie paysagère, au niveau de nœuds routiers majeurs sur le tracé de la RN1. Généralement, sur ces secteurs, il y a déjà des plantations préexistantes, à l’instar des plantations du centre commercial Destreland sur la façade nord-ouest de l’échangeur, et des nombreux palmiers des délaissés nord-est.
Le projet ne cherche pas à supprimer les arbres et palmiers ornementaux en place pour les remplacer par une végétation indigène. Le principe est de planter en complément de ce patrimoine végétal existant. Quelques plantations complémentaires sont réalisées sur les zones moins densément fournies, tout en gardant une cohérence avec la palette végétale existante.

Exemple de plan illustrant la forte densité de plantation.
Des plantations par strates de végétation et denses
Les plantations sont organisées par strates (arbustes, arbrisseaux, arbres et grands arbres) pour assurer la sécurité des automobilistes et des riverains.
On peut ainsi définir 4 strates de végétation dans la palette végétale :
- La strate A1 composée d’arbustes de moins de 2,5 m de haut en général
- La strate A2 composée d’arbrisseaux de 2,5 à 4 m de hauteur moyenne, ou de petits palmiers de taille identique (strate P2)
- La strate A3 (ou P3 pour les palmiers) concerne les arbres dont le gabarit moyen ne dépasse pas 6 à 7 m de hauteur
- La strate A4 pour les arbres de haut jet, pouvant dépasser
10 m de hauteur, ou pour les grands palmiers de taille équivalente (strate P4)
Associer différentes strates de végétation au sein des plantations de la TVR a plusieurs intérêts :
- En se complétant, sur des hauteurs de végétation différentes, les plantations à plusieurs strates permettent d’obtenir une meilleure densité de végétation vis-à-vis des perceptions visuelles latérales, créant ainsi un écran végétal efficace
- La complémentarité des strates permet aussi d’obtenir une meilleure couverture au sol, avec une fermeture plus rapide du boisement
- En variant les strates, on augmente globalement la diversité floristique des plantations et on augmente donc à la fois leur intérêt écologique et leur potentiel esthétique
La densité moyenne est de 4500 plantes par hectare. Elle varie en fonction de l’épaisseur des zones plantées.

Les arbres sont positionnés en fonction de leur taille, en respectant la règle du « 1 pour 1 » selon laquelle le recul au-delà du bord de chaussée est au moins équivalent à la hauteur des plantes, quelle que soit la strate de végétation.
La
palette végétale du projet
Le projet consiste à réaliser des plantations sur les accotements routiers ainsi qu’au niveau des giratoires et échangeurs afin de recréer une trame verte routière (TVR) apte à renforcer la connectivité écologique du territoire. Pour cela, il est essentiel que la majorité des espèces plantées soient des espèces indigènes.
Par « indigène » on désigne les espèces qui composaient déjà les milieux naturels de Guadeloupe avant l’arrivée de l’homme, et non pas seulement les espèces dites « locales » qu’on rencontre régulièrement sur l’archipel guadeloupéen et dont une bonne part est allochtone (ou « exotique ») en réalité, en provenance d’autres régions du monde, parfois lointaines (Madagascar, Inde, Asie, Pacifique, etc.).
Plusieurs raisons soutiennent ce choix d’espèces indigènes majoritaires dans la palette végétale du projet et notamment:
- Les plantations de la TVR doivent ressembler au maximum aux boisements du milieu n
- La flore indigène répond parfaitement aux besoins de la faune, en termes de nourriture, d’habitats
- Les espèces indigènes sont naturellement adaptées aux conditions du milieu, elles ont donc moins besoin de soin spécifique, d’arrosage et d’engrais, et résistent mieux à la force des vents
Des marchés de contrats de culture ont donc été lancés par la Région, dès nov. 2020, auprès des pépiniéristes du département. Le recours aux contrats de culture est un moyen efficace pour diversifier la production horticole.

Exemple de liste de plantes établie précisant l’intérêt écologique de l’espèce.
Gestion différenciée des espaces
La TVR est conçue pour ressembler à une version condensée ou simplifiée des boisements forestiers de Guadeloupe. De même que la gestion est réduite en forêt, l’entretien des plantations de la TVR est très réduit lui aussi. Les interventions de gestion ont surtout été concentrées sur la première année après la plantation. Une bande herbeuse périphérique, de 3 m de largeur au minimum est maintenue au premier plan de l’accotement ou du délaissé routier, entretenue par fauchage régulier.
Cette gestion différenciée des espaces permet de réduire les entretiens traditionnels tout en favorisant une meilleure biodiversité et une résilience face aux conditions climatiques.
Un entretien réduit des plantations :
- sur un modèle forestier en évolution libre
- taille d’entretien limitée, débroussaillage proscrit
- suppression des espèces envahissantes
Suivi et poursuite du projet de trame verte routière
Le suivi constant et permanent, de la part du maître d’œuvre et de la maîtrise d’ouvrage, est essentiel pour constater et corriger au plus vite les éventuelles erreurs de gestion qui peuvent se produire ponctuellement, afin de ne pas dénaturer le projet.
Il permet également d’observer les différences d’évolution des plantations entre les différents sites, d’essayer d’en comprendre les raisons afin de définir ensuite la conduite à tenir. Celle-ci peut parfois consister à patienter sans rien engager de particulier, ou, au contraire, à programmer des actions correctives ou complémentaires.
À terme, ce projet s’étendra sur tout le territoire guadeloupéen, avec un suivi scientifique pour évaluer l'impact sur la biodiversité et ajuster les techniques de plantation. Le projet inclura également un volet de gestion des espaces verts, impliquant de nouveaux acteurs locaux et formant des professionnels pour un entretien durable des plantations.
Les partenaires
Le projet TRV a mobilisé plusieurs partenaires :
- La région en tant que maître d'ouvrage à travers sa direction des paysages et des espaces verts et sa directrice Marguerite JOYAU, ingénieure - paysagiste sénior.
- La maîtrise d’œuvre Caraïbes Paysages - Emmanuel BRIANT et Cyril BERTON ont porté le projet TVR, respectivement pour les phases de conception et de travaux. Tous deux sont paysagistes séniors et associés cogérants de Caraïbes Paysages.
- Les travaux de plantation de la TVR ont été réalisés par des entreprises locales retenues à la suite d’un appel d’offre alloti, lancé par la Région Guadeloupe. Chaque lot du marché correspond à un site de projet de la TVR, attribué à une entreprise spécifique. Les entreprises qui ont réalisé les travaux :
Les entreprises
Beausoleil - Destrellan
(RN 2, Baie-Mahault)
TPRB Environnement
Aéroport
(RN 11, Les Abymes)
SAS Multi-Services
Dothémare - Providence
(RN 11, Les Abymes)
Jardins et Paysages
La Jaille - Fond Sarail
KUF Environnement
Arnouville - Jabrun
(RN 1, Petit-Bourg / Baie-Mahault)
Jardins et Paysages
Versailles - Trinité
(RN 1, Petit-Bourg)
Jardins et Paysages
- Des marchés de contrats de culture ont donc été lancés par la Région, dès nov. 2020, auprès des pépiniéristes du département. 4 pépinières locales ont été retenues pour fournir les végétaux de la TVR :
Bacs & jardins
(Bernard ADAM)
Basée à Saint-François
(Pombiray, Boisvin et Dubédou
)
PAIE 2002
(Christophe KAAKIL)
basée à Baie-Mahault
(Morne Bernard)
Les Vétivers
(Olivier CALABRO)
basée à Baie-Mahault
(Jabrun)
KUF Environnement TP
(Ulrich DE LABARTHE)
basée à Gourbeyre
(Grande Savane)
- Les pépiniéristes ont été épaulés par le maître d’œuvre du projet mais aussi par une botaniste du département, Lilian PROCOPIO, qui les a aidés à localiser les semenciers (ou pieds mères) et qui a contrôlé et validé les espèces mises en culture. Cette collaboration a aussi permis au personnel des pépinières d’apprendre et de maîtriser les protocoles techniques adaptés pour la collecte des semences et le suivi de la production.
- L’équipe d’experts retenue, au terme de l’appel d’offre lancé par la Région, pour mener l'état écologique initial des sites de la TVR était composée de : Bureau d'études ACSES, mandataire Simon GERVAIN (herpétologie et chiroptérologie); Tony JOURDAN (entomologie), Anthony LEVESQUE (avifaune) et Lilian PROCOPIO TAUARI (expertise floristique).


Ma Trame Verte Routière de Guadeloupe est co-financée par I'Union Européenne.
L'Europe s'engage en Région Guadeloupe avec le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER).



